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Du Long-Sault à Ottawa
De l'île aux Allumettes à Mattawa
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Du Long-Sault à Ottawa

Long-Sault
La rivière des Outaouais
Chute-à-Blondeau
Ottawa
Savez-vous que…?


Long-Sault

Lorsque Champlain part de Hochelaga, il emprunte le fleuve Saint-Laurent puis la rivière des Outaouais.

Il passe d'abord par le lac Saint-Louis. Champlain nomme ce lac en l'honneur d'un jeune Français dénommé Louis. Amateur de chasse et de pêche, le jeune homme avait supplié l'équipage de l'emmener pour le voyage. Louis s'est noyé dans les rapides du lac, c'est pourquoi cette étendue d'eau porte ce nom.

Champlain emprunte ensuite le lac de Soisson qu'on appelle aujourd'hui lac des Deux-Montagnes et qui se situe à Sainte-Anne-de-Bellevue, près de Montréal.

Puis il arrive aux rapides du Long-Sault, alors appelés Quenechouam. Cet épisode est important dans les voyages de Champlain pour deux raisons : il risque sa vie et perd son astrolabe.

Rapides du Long-Sault, Ontario, 1913

Rapides du Long-Sault, Ontario, 1913
Département de l'intérieur/Archives nationales du Canada/PA-43318/Détail


Lorsque Champlain arrive aux rapides du Long-Sault, il ne peut pas traîner son canot sur le sol puisque de nombreux arbres le jonchent, créant ainsi un tapis trop abrupte et épais pour permettre un portage ordinaire. Il faut donc remettre les canots à l'eau pour pouvoir les tirer avec une corde à partir du sol. Mais Champlain, épuisé, a peu de forces pour tirer son canot. Il tente de toutes ses forces de retenir son canot mais le puissant courant emporte l'embarcation qui tournoie dans les rapides. À cet instant-là, Champlain croit avec certitude qu'il va mourir en se faisant tirer lui aussi dans les chutes. Par chance, son pied se coince entre deux roches, ce qui l'immobilise et lui permet d'enlever la corde fortement enroulée autour de son poignet. Le courant renverse son canot et il perd tout ce qui s'y trouve. Un peu plus tard durant la journée, Champlain récupère son canot sur la rive près des rapides.

Le canot ayant été renversé, Champlain perd tous ses biens, incluant son astrolabe. Sans son astrolabe, instrument qui sert à orienter ses navigations, il ne sait plus exactement où se diriger.

L'astrolabe de Champlain

L'astrolabe de Champlain
Musée canadien des civilisations/S94-37602


La rivière des Outaouais

Champlain navigue sur la rivière des Outaouais, entre 1613 et 1616, afin d'explorer les lieux et de se rendre en Huronie.

Les Amérindiens, qui devaient emmener Champlain en 1610 faire la traite des fourrures et explorer des coins de la Nouvelle-France encore inconnus des explorateurs, décident de remettre le voyage à 1611 ou 1612. Déçu, Champlain souhaite tout de même profiter au maximum de son voyage en Nouvelle-France. Savignon, un allié autochtone devenu le confident de Champlain, propose de lui servir de guide. Champlain accepte et, après quelques détours en France, il entreprend avec Savignon un voyage qui les mène sur les rives outaouaises.

L'histoire de Champlain en Outaouais est peu documentée. Champlain remonte cette rivière parce qu'il considère cette voie comme étant la plus courte et la moins dangereuse pour atteindre le pays des Hurons.

Pendant son bref voyage le long de l'Outaouais, Champlain remarque quelques terrains plutôt rocailleux mais il en voit quand même les bons côtés :

« Il est vrai qu'il semble que Dieu a voulu donner à ces terres affreuses et désertes quelque chose en sa raison pour servir de rafraîchissement à l'homme, et aux habitants de ces lieux. Car je vous assure qu'il se trouve le long des rivières si grande quantité de bleuets qui est un petit fruit fort bon à manger et force framboises et autres petits fruits, et en telle quantité que c'est merveille. »

Bleuets

Bleuets


La rivière des Outaouais s'appelle, au moment où Champlain la longe, la Kitchi-sippi, qui signifie « grande rivière ». Elle porte ensuite plusieurs noms : « Grande Rivière », la « rivière des Prairies », la « rivière des Algonquins », la « rivière des Français », la « rivière du Nord » avant de porter le nom qui la désigne aujourd'hui. « Outaouais » renvoie à « Outaouas », nom d'une tribu amérindienne. Certains disent qu'ils s'appelaient plutôt les « Outaouak », ou encore « Ootaooa ». On disait d'abord que ces Amérindiens, les Outaouas, vivaient sur le bord de la rivière. Mais éventuellement, on s'entend pour dire qu'ils sont plutôt les premiers à y avoir navigué. En fait, on donne le nom de cette tribu à la grande rivière parce qu'elle était la première à faire librement le commerce sur ses rives. En anglais, la même rivière porte le nom
« Ottawa River », ce qui facilite la prononciation pour les anglophones.

Campement indien près de la rivière des Outaouais

Campement indien près de la rivière des Outaouais, Ontario [ca 1870]
Archives nationales du Canada/C-45487/Détail


Chute-à-Blondeau

Certains disent que Champlain aurait lui-même changé le nom de ce village de « Grande-Chute » à « Chute-à-Blondeau » en mémoire de Blondeau, un ami cher de Paris. Mais selon la toponymie la plus récente, ce petit village n'aurait obtenu son nom qu'en 1875, pour d'autres raisons qui ne ressemblent pas du tout à celle mentionnée ci-dessus. Blondeau serait un cultivateur qui habitait tout près de la chute et qui aurait grandement contribué à l'économie du village. On aurait nommé le village en l'honneur de cet homme qui se serait noyé dans la chute.

Ottawa

Les historiens savent que Cartier a exploré le territoire de ce qui est aujourd'hui la ville d'Ottawa, mais peu de documentation étoffe l'histoire de Samuel de Champlain en Outaouais. Son séjour s'avère de courte durée, de quelques jours, tout au plus quelques semaines.

Champlain choisit d'emprunter la rivière des Outaouais parce qu'il considère ce chemin comme étant le plus court et le moins dangereux. Il atteste l'existence de la rivière Gatineau et visite la rivière Rideau. C'est lui qui nomme les chutes Rideau. Il remonte la rivière des Outaouais et s'arrête à l'île aux Allumettes.

Chutes Rideau, Ottawa, Ontario [ca 1860]

Chutes Rideau, Ottawa, Ontario [ca 1860]
Samuel McLaughlin/Archives nationales du Canada/C-3853/Détail


En passant par Ottawa, Champlain remarque pour la première fois que la rivière des Outaouais divise deux terres. Il ne se trompe pas. Aujourd'hui, on sait que la rivière des Outaouais longe, sur plus de 1 000 km, les provinces de l'Ontario et du Québec.

Une statue de Champlain, ayant en main son astrolabe, orne la pointe Nepean à Ottawa, près du parlement et du Musée des Beaux-Arts du Canada.

Statue de Samuel de Champlain sur la pointe Nepean à Ottawa

Statue de Samuel de Champlain sur la pointe Nepean à Ottawa
Musée canadien des civilisations/S98-393/Détail


Savez-vous que…?

On dit que peu d'explorateurs se sont arrêtés à Ottawa en raison du froid terrible de l'hiver et de l'humidité insupportable de l'été. En fait, plusieurs explorateurs auraient tenté de s'installer dans la région, mais sans y rester bien longtemps parce qu'ils trouvaient la température saisonnière plutôt désagréable.





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