Connaissances des historiens
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Connaissances des historiens

Robert Choquette
N. E. Dionne
Murray Leatherdale
Marcel Trudel

Robert Choquette
Le voyageur qui monte la Grande Rivière (rivière des Outaouais) pour la première fois reçoit son « baptême » des Pays d'en haut à une pointe de sable sur la rive sud. Pour éviter cette immersion, il doit promettre une messe à sainte Anne, patronne des voyageurs.

Robert Choquette, L'Ontario français, historique, Montréal, Éditions Études vivantes, 1980, p. 13.

N. E. Dionne
Quel est son but en réalité, dans toutes ces démarches, où il ne rencontre que déboires et mécomptes ? Est-ce la curiosité du touriste, ou l'ambition du savant, à la recherche des secrets de la nature ? Champlain aimait à s'instruire, sans doute, et au point de vue de la science nautique et géographique il s'est élevé à une grande hauteur, mais il voulait faire servir ces connaissances variées à la grande et noble cause de sa religion, sans oublier dans ses motifs, l'honneur de sa patrie. Aussi nous disons, sans vouloir placer Champlain sur un piédestal plus élevé qu'il ne convient, que sa conduite générale est digne de notre admiration.

N.E. Dionne, Samuel Champlain, tome premier, Québec, A. Côté et Cie, 1891, pp. 341-342.

Murray Leatherdale
Avec l'arrivée de la Compagnie du Nord-Ouest, l'itinéraire du Nipissing n'était plus seulement une voie d'accès pour les explorateurs mais devint plutôt la voie principale permettant le transport de 50 à 75 % du commerce du Canada. Les portages La Vase n'étaient plus de vagues sentiers mais des chaussées compactes. À certains endroits sur ce chemin, on peut encore aujourd'hui déceler dans la terre molle une tranchée creusée de trois à quatre pieds de profondeur par les bottes à l'écuyère et les mocassins du voyageur. La preuve physique de la présence de la Compagnie du Nord-Ouest dans notre région était un petit comptoir à l'embouchure de la rivière La Vase appelé Fort Laronde.

Murray Leatherdale, Nipissing from Brûlé to Booth, Chamber of Commerce of North Bay, North Bay, 1975, p. 137.

Marcel Trudel
Si l'on veut apprécier Champlain seulement d'après l'état dans lequel il laisse à sa mort l'œuvre qu'il a édifiée au milieu de tant de peines, il n'y a guère de quoi faire son éloge. Le bureau de douanes entre la France et l'Asie n'est pas établi à Québec ; Ludovica, cette grande ville que Champlain voulait voir un jour dans la vallée de la Saint-Charles, n'existe pas non plus ; quant à la colonie qui se groupe à même le cap aux Diamants, elle est tout à fait négligeable : après 27 années de présence et d'efforts, on n'y trouve là qu'une population d'à peine 150 habitants, chiffre dérisoire quand on songe aux 2 000 habitants de Boston, vieille de seulement cinq ans. Mais l'œuvre de Champlain ne peut être évaluée d'après une description de 1635, il faut attendre plusieurs générations, car le programme de Champlain demandait du temps. Il voulait que s'édifie sur les rives du Saint-Laurent une grande colonie commerciale, grâce aux innombrables ressources dont elle disposait ; l'histoire lui a donné raison : cette colonie commerciale que Champlain s'était entêté à soutenir, le régime français va l'édifier au moyen d'un vaste commerce dont les ramifications gagneront même vers cette lointaine Mer de l'Ouest qu'avait cherchée Champlain ; cette colonie commerciale, les Anglais soutiendront de longues guerres pour s'en emparer et, une fois devenus les maîtres, ils en feront le Canada d'aujourd'hui.

Au point de départ de l'histoire continue du Canada, même si nous ne devons pas négliger le rôle de Du Gua de Monts, nous trouvons Champlain ; il est volontairement et par principe à l'origine de cette histoire et c'est en ce sens que Champlain peut revendiquer le titre de fondateur du Canada.

Marcel Trudel, Champlain, Montréal, Fides, 1968, pp. 10-11.





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